À l’ère du numérique, nos enfants sont de plus en plus exposés. Entre les photos de famille, les camarades qui les prennent en photo à l’école, et la publication de clichés sur les réseaux sociaux, leur image circule sans toujours qu’ils en aient conscience. Pourtant, le droit à l’image des mineurs est encadré par la loi. Tour d’horizon des règles à connaître pour protéger l’intégrité de nos enfants.

Le cadre légal du droit à l’image

Toute personne, y compris un enfant, dispose d’un droit au respect de sa vie privée. Le droit à l’image en découle directement et implique d’obtenir le consentement de la personne avant de capter, reproduire ou diffuser son image, que ce soit en photo ou en vidéo.

Dans le cas d’un mineur, ce sont les parents qui exercent ce droit jusqu’à sa majorité. Une autorisation écrite est exigée pour publier l’image d’un enfant, même sur un compte privé. Ce principe s’applique quel que soit le contexte : école, colonie de vacances, activités sportives, etc. Même les selfies avec des camarades nécessitent l’accord des parents !

Les sanctions encourues en cas d’atteinte au droit à l’image

Diffuser la photo d’un mineur sans autorisation constitue une atteinte à la vie privée, passible d’une amende de 15 000 €. Cela peut aussi être considéré comme une appropriation illégale du droit d’auteur si les parents ont réalisé la photo. Attention, car vous risquez alors jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende.

Récemment, une femme a même été condamnée pour avoir publié une photo de la fille de son ex-mari. Mieux vaut donc toujours demander l’accord des parents avant de partager une photo d’enfant !

Comment protéger l’image de son enfant ?

En tant que parent, vous devez limiter la diffusion de photos sans contrôle. Surveillez les publications de votre enfant sur les réseaux sociaux et paramétrez son compte en privé. Expliquez-lui que toute photo peut potentiellement se retrouver accessible publiquement.

Côté famille, n’oubliez pas de demander à vos proches de retirer vos enfants des photos de groupe qu’ils publient en ligne. Et pensez aussi à effacer régulièrement les vieux clichés compromettants. Votre rôle est de préserver l’intégrité de votre enfant. Dans certains cas, vous pouvez même demander le droit à l’oubli pour faire disparaître des photos déjà diffusées.

L’intérêt supérieur de l’enfant

Sachez respecter la volonté de votre enfant s’il refuse d’être photographié ou filmé. Même s’il est mineur, son avis doit primer dès qu’il est en âge de l’exprimer. Éduquez-le aux risques d’internet pour qu’il prenne conscience des conséquences d’une exposition non maîtrisée.

Votre autorité parentale doit toujours viser à protéger ses droits et son bien-être. Si votre enfant vous reproche d’avoir diffusé trop d’images de lui, dialoguez et trouvez un terrain d’entente dans son intérêt.

Quid des photos de classes et des événements scolaires ?

Les établissements scolaires ont l’obligation de demander une autorisation écrite aux parents d’élèves avant de publier des photos d’enfants, que ce soit sur le site internet de l’école ou dans des plaquettes de communication. Assurez-vous de lire attentivement ces documents avant de signer.

Vous pouvez limiter l’utilisation des images ou vous opposer à leur diffusion. Lors des événements publics comme les spectacles de fin d’année, il est recommandé d’informer les parents qu’ils ne doivent pas publier de photos d’enfants sans accord.

Quid des influenceurs mineurs sur les réseaux ?

De plus en plus d’adolescents deviennent des stars des réseaux sociaux et leur activité est encadrée par le droit du travail : une autorisation de l’inspection du travail est requise. Les parents doivent veiller aux horaires et conditions de travail. Et l’argent gagné doit être placé sur un compte bloqué au nom de l’enfant. Attention aussi à préserver son droit à une vie privée malgré sa notoriété naissante.

En conclusion, ne prenons pas le droit à l’image de nos enfants à la légère. Une photo anodine peut rapidement échapper à tout contrôle une fois en ligne. Dialoguons, éduquons, et appliquons le principe de précaution pour préserver leur vie privée et leur offrir un environnement numérique sain. Leur consentement éclairé et leur bien-être doivent primer.

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